Jean Asselborn met en garde contre une intervention militaire en Syrie

Jean Asselborn a donné des commentaires aux journalistes du « Luxemburger Wort » sur la situation actuelle

Jean Asselborn, chef de la diplomatie luxembourgeoise, confirme qu’en regard de son «sentiment personnel» et des informations dont il dispose une intervention militaire est désormais «probable dans les jours à venir».

 «Une telle opération militaire ne serait pas dans l’intérêt du droit international» nous déclarait le ministre des Affaires étrangères mardi en début d’après-midi, tout en réitérant sa conviction que «seule la voie politique est viable».

Acculé à l’inconfortable position d’un Etat membre des Nations unies qui pourrait se trouver en porte-à-faux par rapport à une opération militaire menée le cas échéant sans l’aval du Conseil de sécurité, Jean Asselborn rappelle les modalités de la mission onusienne qui ces jours-ci est menée en Syrie:

«Il y a eu, au niveau des Nations unies, un accord unanime pour une enquête sur les lieux mêmes d’une éventuelle attaque chimique. Le rapport des enquêteurs, qui n’ont pas pour mission de désigner les responsables, est attendu en fin de semaine sur le bureau du Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, qui après examen de ses conclusions devrait s’exprimer ensuite devant le Conseil».

Or Asselborn est d’avis – et telle est la position officielle du gouvernement luxembourgeois – qu’il y a lieu de «laisser les inspecteurs achever leur travail en toute liberté», et de prendre «les mesures qui s’imposent» après que ces enquêteurs aient présenté à qui de droit leurs observations.

Le ministre affirme qu’«on ne saurait être indifférent devant des atrocités commises» mais souligne que «toutes les voies diplomatiques n’ont pas encore été épuisées».

Se référant à la situation actuelle en Irak, Asselborn insiste sur sa conviction que l’«on ne peut mettre fin à une effusion de sang par la voie militaire».

Tout indique cependant que la légalité qu’il prône va être mise à mal, et le chef de la diplomatie luxembourgeoise admet que «certains Etats semblent bien désormais sur la voie d’une intervention militaire».