Сlub de discussion international Valdaï

Le président russe Vladimir Poutine est intervenu jeudi devant les participants au club de discussion international Valdaï, s’exprimant sur un vaste éventail de sujets allant de la crise syrienne à la possibilité de briguer un quatrième mandat présidentiel en 2018.

Lors d’échanges de vues avec les membres du club, le dirigeant russe a demandé à l’ex-premier ministre français François Fillon s’il envisageait de se présenter à la présidence du pays. M.Fillon a déclaré qu’il ne le dirait que lorsque le président russe aurait répondu à la même question. Le chef du Kremlin, qui effectue actuellement son troisième mandat présidentiel, a alors indiqué «ne pas exclure» une telle possibilité.

Le porte-parole de M.Poutine, Dmitri Peskov, a par la suite qualifié la question de M.Fillon de «déplacée» et «rhétorique», compte tenu du fait que le président russe n’a entamé son mandat actuel qu’il y a un an et demi.

Parmi d’autres sujets de la politique intérieure figurait le sort d’une trentaine de manifestants anti-Kremlin se trouvant depuis plus d’un an en détention provisoire pour des soupçons d’implication dans des «troubles de masse», terme employé par la justice russe pour qualifier les heurts survenus le 6 mai 2012 sur la place Bolotnaïa de Moscou. Interrogé sur cette question par l’opposant et chef de file du parti libéral RPR-PARNAS Vladimir Ryjkov, M.Poutine n’a pas exclu de gracier les intéressés, mais a fait remarquer que ce dossier requérait «une attitude très sérieuse» et qu’il fallait en premier lieu «achever toutes les procédures juridiques». D’un autre côté, le chef d’Etat russe a mis en garde contre toute violence à l’encontre de membres des forces de l’ordre et l’incitation à de tels actes.

En ce qui concerne les fondements culturels et spirituels de la société, Vladimir Poutine a estimé nécessaire de lancer un vaste débat sur «l’identité nationale» de la Russie qui impliquerait des représentants de l’ensemble des forces politiques présentes dans le pays.

Le dirigeant russe a également réagi à la tribune du sénateur américain John McCain, dans laquelle l’auteur estimait que les Russes «méritaient un meilleur dirigeant que Poutine». Reconnaissant que la Russie «méritait un pouvoir de meilleure qualité», M.Poutine a toutefois ajouté que «chaque pays avait ses problèmes». A titre d’exemple le dirigeant russe a cité le système d’élection présidentielle américaine, rappelant que l’histoire des Etats-Unis connaissait deux cas où le président avait été élu par une majorité de grands électeurs mais représentant la minorité de l’électorat.

Sur le plan international, le président russe a déploré les tentatives de «réanimer le modèle d’un monde unipolaire» et de «diluer l’institution du droit international et de la souveraineté nationale».  M.Poutine n’a pas raté l’occasion de rappeler à la communauté internationale la vision russe de la crise syrienne, indiquant que «tout portait à croire» que l’attaque chimique du 21 août à Damas constituait «une provocation» orchestrée par les forces hostiles à Bachar el-Assad. Dans le même temps, le leader russe a affirmé que Moscou ne poursuivait en Syrie «aucun intérêt particulier» et s’appliquait tout simplement à affirmer les principes du droit international. (RIA-Novosti)