Russie revient à l’APCE seulement après la levée des sanctions

DSCN0643

La Douma va examiner vendredi le 18 avril une déclaration selon laquelle les députés russes ne pourront pas reprendre le dialogue dans le cadre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) tant que la Russie sera visée par les sanctions. Cette déclaration évoque le «désaccord formel avec la pratique des doubles-standards et la discrimination de la Russie». Les auteurs de la déclaration russe soulignent que l’APCE a enfreint tous les principes qu’elle prône et doit protéger.

«Les députés de la Douma déclarent que dans le contexte des restrictions contre la délégation russe, la poursuite d’une participation constructive au travail de l’APCE était impossible. L’argent russe alloué au financement du Conseil de l’Europe pourrait être utilisé plus efficacement en Russie», indique la déclaration.

«Toute proposition pour rétablir le dialogue, alors même que la Russie est frappée par des sanctions et subit une discrimination, est inadmissible. L’APCE doit comprendre que c’est seulement par une participation constructive de la Russie que l’assemblée pourra jouer son rôle d’organisme paneuropéen de coopération interparlementaire. Toute autre voie est une impasse politique», estiment les auteurs.

Selon les députés, le rétablissement intégral des fonctions de la délégation russe sera une condition indiscutable de son retour à l’APCE.

En suspendant le mandat de la Russie, l’APCE s’est retrouvée à l’écart de la politique européenne, car le règlement de la crise en Ukraine est impossible sans la participation de Moscou, estime le président de la commission des affaires internationales de la Douma (chambre basse du parlement russe) Alexeï Pouchkov.

«En suspendant le dialogue avec la Russie, sans laquelle le règlement du problème ukrainien est inconcevable, l’APCE s’est mise de sa propre initiative à l’écart de la politique européenne», a affirmé M. Pouchkov.

Ambassadeur et membre de la délégation russe à l’APCE, Vassili Likhatchev a déclaré de son côté que lui et ses collègues s’abstiendraient de visiter l’assemblée jusqu’à expiration des sanctions contre la Russie, puis exigeraient de revoir les conditions de sa participation à ces réunions.

Selon lui, la Russie pourrait également réexaminer les mécanismes de fonctionnement au sein des organismes régionaux du Conseil de l’Europe et de la Cour européenne des droits de l’homme «pour optimiser le travail de ces organisations».

Le 10 avril dernier, après avoir réexaminé les pouvoirs de la délégation russe en représailles au rattachement de la Crimée à la Russie, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a exclu la délégation de ses organes dirigeants: le Bureau de l’Assemblée, le Comité des présidents et la Commission permanente. L’APCE a également privé la Russie de droit de vote et de participation à des missions d’observation des élections. Ces sanctions resteront en vigueur jusqu’à la fin de 2014.

En signe de protestation, la délégation russe a quitté la session d’avril de l’Assemblée.