Le régime de Kiev pousse l’Ukraine à la catastrophe — Vitaly Tchourkine

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Le régime de Kiev, poussé par les « sympathisants » occidentaux, mène le pays à la catastrophe, a déclaré mardi l’ambassadeur de Russie à l’Onu Vitali Tchourkine, pendant la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur la crise ukrainienne. Il a également appelé à lancer une enquête minutieuse sur l’attentat contre le maire de Kharkov Guennadi Kernes, se positionnant ainsi à contre-courant de l’Occident, qui tente de perturber l’enquête et de faire porter le chapeau aux manifestants du sud-est de l’Ukraine, écrit mercredi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

« Kernes s’opposait fermement aux exactions dans d’autres régions du pays et était en sérieuse confrontation politique avec l’un des dirigeants actuels des forces de l’ordre à Kiev », rappelle l’ambassadeur de Russie à l’Onu.

Au sujet de l’application des accords de Genève du 17 avril, Vitali Tchourkine souligne que « l’Occident et surtout les Etats-Unis, qui exercent une influence sans précédent sur Kiev, n’ont pas réussi – ou n’ont pas voulu – persuader la capitale ukrainienne de tenir ses engagements.

Au lieu d’un travail honnête, les Etats-Unis et l’UE répandent de fausses rumeurs, tendent des embûches à la Russie et inventent des sanctions insensées et contreproductives. Ils ne semblent pas, visiblement, assumer la responsabilité du sort de l’Ukraine, de l’Europe et du monde ».

L’ambassadeur de Russie a rappelé qu’en dépit de l’entente selon laquelle toutes les parties renonceraient à la violence, Kiev a relancé son opération « antiterroriste » — de facto punitive — en envoyant près de 15 000 militaires, des chars, des véhicules blindés, l’artillerie, des avions et des unités du Secteur droit ultranationaliste dans le sud-est du pays.

« Les déclarations et les actes des autorités de Kiev montrent qu’elles n’ont clairement aucune intention de remplir les termes de l’accord de Genève, de la même manière qu’elles n’envisageaient pas de respecter l’accord du 21 février. Dans les deux cas, ces stratégies ont entraîné l’effusion de sang. Au lieu de déposer les armes, le Secteur droit s’est dirigé vers l’est du pays », a constaté Vitali Tchourkine.

Le diplomate a rappelé qu’une approche commune avait été convenue à Genève à l’égard de toutes les actions illégitimes en Ukraine. Malgré tout, le Maïdan et les bâtiments officiels de Kiev restent occupés. L’ambassadeur de Russie a souligné que malgré les promesses d’amnistier les manifestants, le gouverneur populaire de Donetsk Pavel Goubarev, qui n’a jamais tenu une arme de sa vie, demeure en prison et subit des tortures : « Il s’agit d’un prisonnier politique, car il a été arrêté uniquement pour son appel au référendum sur la fédéralisation. Et il est loin d’être le seul. Les candidats à la présidentielle Mikhaïl Dobkine et Oleg Tsarev sont interdits de participer aux débats télévisés officiels ».

« Le point clé de l’accord de Genève portait sur l’ouverture d’un large dialogue national prenant en compte les intérêts de toutes les régions et formations politiques. Cependant, la procédure de préparation de la nouvelle Constitution n’a pas été transparente ni inclusive. Le Parti des régions a été écarté de la procédure », a poursuivi Vitali Tchourkine.

Pour conclure, l’ambassadeur de Russie a appelé le « régime de Kiev et ses sponsors qui se sont trop pris au jeu à revenir à la raison et annuler le décret sur l’usage d’armes contre la population civile, à libérer les prisonniers politiques, désarmer et neutraliser le Secteur droit et à organiser une véritable procédure constitutionnelle avec la participation des représentants de régions ».