Helmut Schmidt juge «totalement compréhensible» l’action de Poutine en Crimée

schmidt

L’ancien chancelier allemand Helmut Schmidt a déclaré mercredi qu’il comprend le comportement du président russe Vladimir Poutine dans la péninsule de Crimée.

Dans un entretien avec l’hebdomadaire allemand Die Zeit, Schmidt a qualifié de « totalement compréhensible » la signature de Poutine sur l’annexion de la Crimée à la Russie.

Il a en outre dit qu’ « il doute du fait que cette annexion soit une violation du droit international », comme le disent les Occidentaux.

Il a expliqué que « le droit international a été violé à maintes reprises, dont récemment l’intervention occidentale dans la guerre civile en Libye ».

Pour ce qui est de l’histoire de la Crimée, il a rappelé que « jusqu’au dans les années 90,  l’Occident n’avait aucun doute que la Crimée et l’Ukraine faisaient tous les deux partie de la Russie. Même les historiens ne sont pas tous d’accord sur le fait qu’il y ait une nation ukrainienne ».

L’ancien chancelier allemand a également critiqué l’Occident pour sa politique de sanctions à l’égard de la Russie.

Selon lui,  les sanctions adoptées par l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis contre la Russie sont « ridicules » et « mèneront nulle part ».

« Les sanctions économiques ont surtout une signification symbolique et frapperont également les pays occidentaux », a-t-il noté.

L’ancien homme politique âgé aujourd’hui de 95 ans a dans ce contexte critiqué la décision des Occidentaux de suspendre la coopération avec la Russie dans le cadre du G8. «L’idéal serait de se réunir tout de suite», a-t-il lancé.

La situation en Ukraine, a poursuivi M. Schmidt, est «dangereuse» en raison de l’inquiétude qui règne en Occident.

Concernant la politique du gouvernement allemand, M.Shmidt, a félicité la chancelière allemande Angela Merkel pour sa gestion mesurée de la question ukrainienne.

Helmut Schmidt, qui a été chancelier de 1974 à 1982 de ce qui était alors l’Allemagne de l’Ouest, est un des hommes politiques les plus respectés en Allemagne.

Les premières critiques de la politique de l’UE envers l’Ukraine étaient venues de l’ancien chancelier allemand Gerhardt Schroeder.

Il avait indiqué que l’UE faisait «une erreur» en mettant l’Ukraine, un pays culturellement divisé, devant une situation de «choix à l’exclusion d’un autre». Et de noter: «les sanctions nuiraient à l’Allemagne plus qu’à d’autres pays». (almanar.com)