Déclaration du Ministère des Affaires étrangères de la Russie sur les événements en Ukraine

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La Russie est extrêmement préoccupée par le développement de la situation en Ukraine.

Ces derniers jours dans la capitale et plusieurs autres villes du pays des conflits armés entre des voyous militants, des militants des organisations ultra-nationalistes et les unités de maintien de l’ordre, qui se tenaient sur ​​la protection dela sécurité des civils et des intérêts de l’Etat, ont eu lieu.

L’accord sur la résolution de la crise en Ukraine du 21 février n’est pas appliqué, malgré le fait que les ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, de la France et de la Pologne ont assisté à sa signaturer, et les Etats-Unis, l’Union européenne, ainsi que d’autres organisations internationales ont salué ce document.

Les militants n’ont pas été désarmés, ils refusent de quitter les rues des villes qu’ils contrôlent, de libérer les bâtiments administratifs, la violence se poursuit.

Nous sommes étonnés que certains politiciens européens se sont empressés de soutenir la tenue des élections présidentielles en Ukraine au mois de mai, bien que l’accord du 21 février prévoit que les élections ne doivent se tenir qu’après l’achèvement de la réforme constitutionnelle. Il est clair que pour le succès de cette réforme toutes les forces politiques ukrainiennes et toutes les régions du pays doivent y participer, et son résultat doit être soumis à un référendum national. Nous sommes convaincus qu’il est nécessaire de répondre pleinement aux préoccupations des députés des régions de l’Ests et du Sud de l’Ukraine, de la Crimée et de Sébastopol, annoncées lors du Congrès de Kharkov le 22 février.

Il y a une préoccupation profonde pour la légitimité des actions de la Rada suprême d’Ukraine. En faisant référence à une «opportunité révolutionnaire», le parlement estampille des «décisions» et «lois», y compris ceux visant à léser les droits humanitaires des Russes et d’autres minorités nationales de l’Ukraine.

Il y a des appels à presque une interdiction totale de la langue russe, la lustration, la liquidation les partis et organisations, la fermeture des médias indésirables, la suppression des restrictions sur la propagande de l’idéologie néo- nazie.

On s’oriente vers les repressions de la dissidence dans les différentes régions de l’Ukraine par méthodes dignes de dictateurs et même de terroristes.

Il y a des menaces contre des reliques orthodoxes.

Les nationalistes radicaux continuent à se moquer de monuments dans différentes villes ukrainiennes, et dans certaines capitales européennes leurs partisans profanent les monuments aux soldats soviétiques.

Ces évolutions sapent l’accord du 21 février, discréditent ses initiateurs et garants, constituent une menace pour la paix civile, la stabilité et la sécurité des citoyens.

Nous sommes obligés de constater que la position de certains de nos partenaires occidentaux n’est pas dictée par un souci des destinées de l’Ukraine, mais par un calcul géopolitique unilatéral. On ne donne pas d’évaluations objectives des actes criminels des extrémistes, ni de leurs manifestations du néonazisme et d’antisémitisme. En outre, de tels actes sont même encouragés bon gré mal gré. On a l’impression ferme que l’accord du 21 février n’est utilisé — avec le consentement tacite de ses sponsors extérieurs – que pour dissimuler le changement forcé de pouvoir en Ukraine à travers la création des «faits sur le terrain», sans aucune volonté de rechercher un consensus ukrainien pour une réconciliation nationale. Nous sommes particulièrement préoccupés par la tendance à inviter des structures internationales, dont le Secrétariat de l’Onu, à approuver cette ligne de conduite.

Nous appelons instamment tous les acteurs impliqués dans la crise en Ukraine à faire preuve d’un maximum de responsabilité, à ne pas laisser la situation s’aggraver davantage, à la ramener dans le cadre de la légalité et à réprimer sévèrement les extrémistes avides de pouvoir.