Déclaration du Ministère des Affaires étrangères de la Russie sur les événements en Ukraine

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L’accord sur la résolution de la crise en Ukraine, signé le 21 février en présence des ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, de la France et de la Pologne, ne s’applique toujours pas. Les militants n’ont pas remis leurs armes, ils n’ont pas libéré les bâtiments administratifs, ils annoncent des plans pour «rétablir l’ordre» dans toutes les régions de l’Ukraine. On entend des menaces physiques, comme l’a souligné d’aujourd’hui le président Viktor Ianoukovitch dans sa déclaration.

On a oublié l’entente de mener une enquête conjointe des actes de violence, ainsi que l’engagement d’établir un gouvernement d’unité nationale. Au lieu de cela, comme il a été indiqué sur le Maïdan, on créé un «gouvernement de gagnants», qui comprend des représentants des nationalistes et extrémistes.

On a oublié l’entente sur la réforme constitutionnelle, qui, conformément à l’accord du 21 février, devrait précéder les élections présidentielles. Nous sommes convaincus que seule ce type de cadre constitutionnel, qui assure les intérêts de toutes les forces politiques et de toutes les régions de l’Ukraine, répond aux intérêts de la réconciliation nationale et la stabilité à long terme.

Nous appelons ceux de nos partenaires étrangers, qui ont encouragé dès le début les manifestations de l’opposition, initié et soutenu l’accord du 21 février, à prendre pleinement conscience de leur responsabilité pour sa mise en application. Les déclarations, selon lesquelles ce document aurait déjà joué son rôle, ne sont pas sérieux. Toutes ces tâches convenues le 21 février n’ont pas perdu leur valeur, elles sont même devenues encore plus pertinentes pour éviter une polarisation de la société à la suite d’actions des radicaux.

Il est nécessaire de couper court des interférences dans les affaires de l’Église, la profanation des églises orthodoxes, des monuments en l’honneur des héros de la Grande Guerre patriotique qui ont libéré l’Ukraine des nazis, et d’autres monuments.

L’abrogation de la loi «sur les principes de la politique linguistique de l’État» en violation des obligations internationales de l’Ukraine, des «initiatives» menant à une nouvelle violation des droits des minorités, des restrictions imposées aux médias, l’interdiction des activités de certains partis politiques suscitent notre grande préoccupation.

Nous notons des appels des pays occidentaux à une coopération avec la Russie sur les questions liées à la situation en Ukraine. Nous l’avons proposé il y a longtemps, bien avant la crise était entrée dans la phase chaude. Mais alors nos collègues n’étaient disposés à le faire.

Néanmoins, nous sommes prêts à une coopération, ayant en tête qu’elle sera honnête et basée sur la capacité de négocier et de respecter l’entente, qui doit tenir compte des intérêts du peuple ukrainien et de tous les partenaires de l’Ukraine. L’exécution des obligations prévues par l’accord du 21 février serait une étape importante dans cette direction.

Les tentatives de modifier unilatéralement un scénario mis au point conjointement et le refus de considérer la situation réelle dans toute sa diversité ne mènent nulle part. Quand l’Otan se penche sur la situation en Ukraine, cela envoie un signal erroné. Le secrétaire général de l’Otan a même cru opportun de déclarer que «l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan n’est pas la priorité la plus urgente pour les dirigeants ukrainiens». Cela signifie-t-il que l’adhésion à l’Otan doit rester une priorité, même s’il s’agit d’une priorité qui n’est pas principale? Cette fois encore, on s’efforce de décider pour le peuple ukrainien.

Nous conseillons instamment à tout le monde de cesser les discours provocateurs et de respecter le statut neutre de l’Ukraine consacré par sa législation sur les fondements de la politique intérieure et extérieure.

Le 27 février 2014