Déclaration du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie (21.11.2018)

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La Fédération de Russie est particulièrement préoccupée par les tentatives persistantes de l’Ukraine d’aggraver la situation en mer d’Azov. Cette nouvelle exacerbation de la tension entre la Russie et l’Ukraine empêche le rétablissement des relations bilatérales et va à l’encontre des intérêts sécuritaires régionaux et internationaux.

La Russie regrette que la ligne conflictuelle de Kiev visant à déstabiliser les liens russo-ukrainiens soit soutenue par plusieurs pays, notamment des États membres de l’UE.

La Russie dément fermement toutes les accusations la visant concernant ses prétendues actions agressives et illégales en mer d’Azov et dans le détroit de Kertch. Depuis la réunification de la République de Crimée et de la ville de Sébastopol avec la Russie, ces territoires font partie intégrante de la Fédération de Russie qui, conformément au droit international, exerce sa souveraineté, ses droits souverains et sa juridiction sur les espaces maritimes bordant la péninsule de Crimée. Les activités qui s’y déroulent sont conformes au droit international, visent à garantir la sécurité nationale et sont proportionnels aux menaces émanant des extrémistes, notamment ukrainiens, vis-à-vis de la Russie.

La mer d’Azov est considérée comme une mer intérieure de la Russie et de l’Ukraine, où la liberté de navigation est réservée uniquement aux navires russes et ukrainiens. Le détroit de Kertch n’est pas — et n’a jamais été — international dans le sens de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, et les exigences liées au droit de transit ou de passage pacifique des navires étrangers ne s’y appliquent pas.

Les inspections de navires organisées par la Garde côtière du FSB russe dans les eaux de la zone Azov-Kertch sont fondées et légitimes. L’augmentation de leur nombre depuis avril 2018 est dû au renforcement des mesures de sécurité dans le détroit de Kertch suite à la mise en service de la première ligne du pont de Kertch, et non par la volonté d’exercer une pression politique ou économique sur l’Ukraine, comme l’affirment Kiev, Washington et Bruxelles.

Les actions des gardes-frontière russes ne sont pas discriminatoires. 48% des navires (720 sur 1492) inspectés en avril-octobre 2018 se rendaient ou quittaient des ports russes. Contrairement aux déclarations de l’Ukraine, des navires sous pavillon russe sont également inspectés.

La grande majorité des inspections (93%) a lieu dans les lieux de mouillage à l’entrée du détroit de Kertch du côté de la mer Noire ou de la mer d’Azov au moment de la formation des convois de navires pour le franchissement du canal Kertch-Enikal. En général, les inspections ne durent pas plus de trois heures. Les retards sont souvent liés à la procédure particulière de navigation par le canal Kertch-Enikal en raison de ses dimensions spécifiques, ainsi que des conditions hydrométéorologiques et de navigation complexes. En mer d’Azov-même, les navires ne sont inspectés que très rarement, et seulement pour des raisons tangibles.

Contrairement aux déclarations de Kiev et de Bruxelles, la Russie ne renforce pas sa présence militaire en mer d’Azov. Les forces qui y sont déployées servent essentiellement à protéger le pont de Crimée.

Par contre, les actions de l’Ukraine, qui a annoncé la création d’une base navale à Berdiansk et ferme systématiquement certaines zones de la mer d’Azov pour y organiser des tirs d’artillerie, visent précisément à militariser cet espace maritime.

La Fédération de Russie est ouverte à un dialogue constructif sur la situation en mer d’Azov et voudrait mettre en garde l’Ukraine contre les tentatives de revoir le statut actuel de la mer d’Azov en tant qu’eaux intérieurs des deux pays, car cela va à l’encontre du droit international. A cet égard, nous appelons Kiev à s’abstenir de toute aventure visant à instaurer unilatéralement une frontière nationale non reconnue par la Russie en mer d’Azov.

La Fédération de Russie avertit que la responsabilité de l’éventuelle aggravation de la situation dans les eaux de la zone Azov-Kertch repose sur l’Ukraine et les États qui soutiennent ses provocations.