Conférence de presse de la porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova, Moscou, 10 juin 2016

М.Захарова

Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au 20e Forum économique mondial de Saint-Pétersbourg

 

Le 20e Forum économique mondial de Saint-Pétersbourg (FEM) se déroulera du 16 au 18 juin. De nombreux contacts, entretiens et réunions sont prévus. Il existe un segment lié au Ministère russe des Affaires étrangères et à la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

La devise du Forum actuel – «Au seuil d’une nouvelle réalité économique». Le nombre d’hôtes étrangers est record, bien que ce ne soit pas le plus important des facteurs, c’est un indicateur primordial. Le programme du Forum est très chargé et prévoit une discussion sur les problèmes pertinents de l’économie russe et internationale. Dans le cadre du Forum seront organisés les forums d’affaires des Brics et de l’OCS, le forum du G20, la remise des prix Energie globale, le Prix du développement et d’autres. Les organisateurs les annonceront.

A l’heure actuelle, je peux annoncer la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la réunion du Club de discussion Valdaï, prévue pour le 16 juin vers 14h00. La réunion avec la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov sera ouverte à la presse. Suivez les annonces sur le site du Forum. Nous vous y invitons et y attendons.

 

Sur les résultats du Conseil mondial de coordination des compatriotes russes

 

La 26e réunion du Conseil mondial de coordination des compatriotes russes résidant à l’étranger s’est tenue à Moscou du 31 mai au 1erjuin. Dans son cadre s’est déroulée la réunion annuelle traditionnelle du Président de la Commission gouvernementale pour les compatriotes à l’étranger, Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et du présidium de la Commission avec les membres du Conseil mondial de coordination. Avec la participation pour la première fois des présidents des conseils régionaux de coordination des compatriotes russes.

Pendant les deux journées de la réunion les participants ont échangé leurs points de vue sur la mise en œuvre des décisions du 5eCongrès mondial des compatriotes qui a eu lieu en novembre 2015. Les participants ont fait le bilan des grandes activités qui se sont déroulées en Russie et à l’étranger dans le cadre du Ministère des Affaires étrangères et des conseils de coordination des compatriotes. Ils ont souligné la nécessité d’accroître les efforts pour défendre les intérêts et les droits légitimes des compatriotes russes, y compris en termes de protection de la langue et de la culture russe à laquelle ils s’attachent. Les participants ont évoqué le concept de préparation de la prochaine Conférence thématique mondiale des compatriotes sous la devise «Ensemble avec la Russie!», dont le déroulement est prévu à Moscou les 1er et 2 novembre 2016. Les participants ont également abordé la mise au point d’une coopération durable entre la Chambre sociale russe et le Conseil mondial de coordination des compatriotes russes.

La décision finale de la réunion est publiée sur le site du Conseil mondial de coordination des compatriotes russes. Je ne ferai pas son analyse, vous pouvez en prendre connaissance vous-mêmes.

Pendant la réunion avec les membres du Conseil mondial de coordination des compatriotes russes, les représentants kirghizes et mexicains ont demandé de passer le bonjour à la diaspora russe du Kirghizstan et du Mexique, en disant que nos compatriotes résidant dans ces pays suivaient mes conférences de presse. Je transmets donc le bonjour à nos compatriotes qui ne vivent pas seulement au Kirghizstan et au Mexique, mais en particulier dans ces pays. Nous faisons en sorte de ne pas perdre le contact, nous le faisons via vos représentants et directement. J’espère que quelque part vous pouvez nous attribuer des notes positives.

 

Sur le refus des autorités turques de traduire en justice Alparslan Celik

 

Je me dois de commenter l’information parue dans la presse turque concernant l’envoi au tribunal d’Izmir de l’acte d’accusation vis-à-vis d’Alparslan Celik pour détention illégale et port d’arme. Dans le même temps a été close l’affaire sur son implication dans l’assassinat du pilote russe Oleg Pechkov le 24 novembre 2015. Comme vous le savez, nous commentions régulièrement ce sujet et le suivions de près.

Cette décision est motivée par une prétendue absence de preuves pour poursuivre pénalement Alparslan Celik pour le crime de guerre mentionné, ainsi que la constatation que les éventuels complices de cet extrémiste parmi les citoyens turcs n’ont toujours pas été interpelés. Sachant que les forces de l’ordre turques, pour une raison qu’on ignore, n’ont pas considéré le nombre de quatre blessures par balle sur le corps du pilote russe comme une raison suffisante pour accuser l’extrémiste turc de complicité à son meurtre.

Nous nous souvenons tous des déclarations, des reportages, des articles de presse et des réseaux sociaux immédiatement après la tragédie du 24 novembre 2015, qui ne sont pas non plus pris en compte par la police turque.

Une telle position du parquet turc est très préoccupante. On a l’impression que la justice turque cherche sciemment à brouiller la situation autour de l’arrestation d’Alparslan Celik, à feindre que l’arrestation d’un «criminel ordinaire» n’a rien à voir avec la tragédie du 24 novembre et tait par tous les moyens le véritable rôle de l’interpelé dans l’implication de l’assassinat d’Oleg Pechkov.

Nous appelons une nouvelle fois les autorités turques à prendre des mesures exhaustives pour retrouver et traduire en justice tous les coupables de la mort du pilote russe, non seulement Alparslan Celik, mais aussi tous les autres extrémistes qui ont participé à l’assassinat sous son commandement direct.

Nous suivrons de près ce sujet.

 

Sur la situation en Syrie

 

La situation en Syrie reste très instable. Les provocations se poursuivent – parfois très graves – dirigées contre le cessez-le-feu. Malgré cela, on parvient dans l’ensemble à maintenir la trêve.

Les troupes terroristes du Front al-Nosra soutenues par les extrémistes d’Ahrar al-Sham et d’autres groupes similaires, en violant le cessez-le-feu, ont tenté une nouvelle offensive contre les positions des troupes gouvernementales syriennes au nord et au sud d’Alep. L’objectif est évident – fermer la boucle autour de la partie de la ville contrôlée par le gouvernement syrien. Sachant que des quartiers résidentiels sont bombardés – Meidan, Mohafazat, Cheikh Maksoud, Haldiya et Amriya. Des dizaines de civiles ont été victimes des bombardements. Rien qu’un seul de ces épisodes à Cheikh Maksoud a fait plus de 40 morts et près de 100 blessés plus ou moins graves. D’après la presse, plus de 2 000 djihadistes participent aux combats. Selon les journalistes, ils sont commandés par des conseillers militaires turcs.

Dans le même temps on constate une importante circulation de camions avec une protection armée qui transportent des armes et des munitions au nord de la province d’Alep et d’Idleb du côté de la frontière turque. Plus de 200 extrémistes armés sont passés de Turquie en Syrie près de Beysun pour rejoindre les troupes du Front al-Nosra près de la ville de Banich dans la province d’Idleb.

Tout cela ressemble à un nouveau coup flagrant et coordonné dans le dos de l’armée syrienne. Le fait est qu’un groupe armé soutenu par la milice populaire et l’aviation russe est récemment entré dans la province de Racca pour libérer plusieurs villes sur le chemin qui mène vers la capitale officieuse de l’Etat islamique – Racca. Il a réussi à avancer significativement dans la province depuis l’ouest.

Le début de la campagne pour libérer Racca a également été annoncé par les unités armées kurdes des Forces démocratiques syriennes qui agissent au nord sous couvert de l’aviation de la coalition menée par les USA. Autre moment important – en évinçant Daech de plusieurs villes le long de l’Euphrate les unités kurdes se sont approchées de très près de Manbij au nord-est de la province d’Alep.

En Palmyre libérée au sud-ouest de l’aéroport local a été découvert un second charnier avec, selon certaines estimations, près de 150 corps d’habitants locaux, dont des militaires syriens exécutés par les terroristes de Daech. Dans le cadre des mesures pour la désescalade du conflit, les autorités syriennes ont amnistié 489 anciens combattants qui ont volontairement déposé les armes et ont signé des engagements écrits de ne plus participer à des activités militaires illégales.

En coordination avec les agences compétentes de l’Onu et les militaires russes, les représentants du gouvernement syrien poursuivent leur travail pour apporter une aide humanitaire à la population, y compris dans les régions incontrôlées. 15 convois humanitaires de l’Onu ont été prévus pour ce mois-ci. Ainsi, le 1er juin deux convois humanitaires de l’Onu ont été admis à Daraya et à Mouadamiya.

Dans ces conditions la première session de la seconde convocation du Conseil populaire syrien a commencé son travail à Damas le 6 juin. Une nouvelle direction de l’organisme législatif a été élue. Pour la première fois de l’histoire syrienne sa présidente est une femme – le docteur en sciences agricoles Hadia Abbas.

 

Sur la situation actuelle en Afghanistan

 

La situation militaire et politique en Afghanistan reste tendue. Malgré les opérations spéciales régulièrement organisées par les forces nationales de sécurité d’Afghanistan, les talibans conservent leur activité militaire. La situation la plus complexe est constatée dans la province de Helmand dans le sud du pays. C’est ici que le 5 juin un tir de mortiers a causé la mort du journaliste américain David Gilkey et du photographe et traducteur local Zabihullah Tamanna. Nous exprimons notre sincère compassion à la famille et aux proches de nos collègues tués. Nous pensons que le métier du journaliste n’implique pas seulement leur propre responsabilité, mais également les mesures qui doivent être prises par les Etats pour le protéger, notamment quand il est question de leur travail dans des points chauds. C’est un métier très difficile et de grande responsabilité qui est évidemment nécessaire, car nous pouvons savoir et comprendre ce qui se passe dans les points chauds, avoir une image objective et impartiale uniquement grâce aux journalistes.

Le nombre d’attaques armées et d’attentats commis par des groupes extrémistes pratiquement partout en Afghanistan ne se réduit pas. Au nord, dans la province de Kunduz, en bloquant la circulation les extrémistes ont pris en otage 220 passagers de bus. Ils ont libéré ensuite une grande partie d’entre eux, mais 12 personnes ont été tuées et 8 sont portées disparues. A Kaboul, un attentat à l’explosif a tué le député de la chambre basse du parlement afghan Shir Wali Wardak. Des attaques armées ont été perpétrées dans les provinces de Ghazni et de Lôgar contre des tribunaux locaux, il y a des morts et des blessés parmi les civils. Malheureusement, ce n’est qu’une partie des faits à citer – ils sont très nombreux.

Sur ce fond restent vaines les tentatives du Groupe de contact quadrilatéral avec des représentants de l’Afghanistan, de la Chine, du Pakistan et des USA à inciter les talibans à la réconciliation avec Kaboul. Malheureusement à court terme il ne faut pas compter sur l’établissement de contacts directs entre le gouvernement afghan et les talibans.

 

Sur le rapport du Département d’Etat américain sur la lutte contre le terrorisme dans la partie qui concerne la législation anti-extrémiste russe

 

Nous avons noté le rapport annuel du Département d’Etat américain rendu public le 2 juin sur la lutte contre le terrorisme dans la partie qui concerne la législation anti-extrémiste russe.

Malheureusement, en étudiant la partie du document consacrée à la Russie on constate une fois de plus l’aspiration des auteurs du Département d’Etat à le rendre complètement politisé, y compris à l’aide d’attaques infondées devenues traditionnelles contre la Russie.

Voici des exemples concrets. Il existe une divergence totale entre la situation réelle et les accusations infondées de la Russie de poursuivre sous l’égide du combat contre le terrorisme et l’extrémisme des «organisations et des citoyens pacifiques». Sachant que contrairement aux USA la Russie n’a jamais combattu le terrorisme en contournant le droit international, la Charte de l’Onu ou les décisions du Conseil de sécurité des Nations unies ou encore sa propre législation en la matière, on cite tout de même une telle prétendue constatation. L’efficacité indéniable des actions de l’Etat russe en ce sens s’exprime par des exemples concrets, dont le principal est probablement la défaite militaire et idéologique du foyer du terrorisme international dans le Caucase du Nord russe. Parfois, on voudrait dire – malheureusement pour certains de nos partenaires occidentaux. Notre expérience en matière d’acquis législatifs et d’organisation politique optimaux dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme est très sollicitée par les partenaires internationaux. Nous expliquons à tous ceux qui veulent l’entendre le fond et les particularités de la mise en pratique de la législation et de notre expérience par les institutions russes compétentes.

De toute évidence, le rapport du Département d’Etat fait référence à la loi fédérale efficace 114-FZ entrée en vigueur le 25 juillet 2002 sur la lutte contre l’activité extrémiste. Le texte mentionne également la Stratégie de la lutte contre l’extrémisme en Russie d’ici 2025 adoptée par le Président russe Vladimir Poutine le 20 novembre 2014. Nous notons que l’approche russe de la notion d’extrémisme exhaustivement présentée dans ces deux documents permet de voir ce phénomène avant tout comme une idéologie et une pratique, ainsi qu’une propagande de la violence illégitime, l’incitation à la haine xénophobe, raciale et religieuse. Il est à noter que les textes mentionnés contiennent une définition juridique très claire du terme d’extrémisme. Le principal critère d’attribution d’agissements concrets à l’extrémisme est le danger public. De plus, ce sont les mesures préventives, y compris éducatives et propagandistes, visant à prévenir l’activité extrémiste qui sont prioritaires pour notre pays. Ce serait bien que nos collègues américains le comprennent.

Dans ces conditions, l’»analyse» de la législation russe par les Américains est franchement non professionnelle et absolument subjective. Manifestement le Département d’Etat américain préfère recourir constamment aux clichés politiques au lieu d’agir dans l’intérêt de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Je pense qu’il ne serait que bénéfique pour le Département d’Etat américain si au lieu de ces désinformations annuelles il dirigeait son énergie dans un autre sens – pour rétablir la coopération antiterroriste avec la Russie.

Bien sûr, comme il fallait s’y attendre, le rapport passe sous silence la tactique à courte vue répandue sur la scène internationale à l’initiative des Occidentaux de l’usage de mouvements extrémistes dans certains pays pour atteindre des fins politiques conjoncturelles ou géopolitiques, y compris la lutte contre des régimes «indésirables». Des régions entières du monde ont été victimes d’une telle approche. Alors que les extrémistes et les terroristes en tout genre comble le vide politique et juridique formé.

 

Sur les circonstances de la suspension du dialogue sur l’ABM avec les USA et l’Otan

 

Au cours des derniers mois nous constatons un intérêt constant des USA sur le sujet de la défense antimissile (ABM). Tout comme dans le cas de l’exemple précédent, il n’est pas question d’intensification des négociations ou d’approches analytiques, mais d’accusations permanentes visant la Russie. En particulier, ces derniers mois on affirme que c’est la Russie qui aurait suspendu le dialogue sur ce sujet avec les USA et l’Otan. Nous ne cesserons pas d’attirer l’attention sur ce sujet. Nous ne ferons pas que réagir, nous nous tournerons régulièrement vers ce thème car ce qu’on affirme est faux.

Suite aux affirmations des représentants américains que la Russie a unilatéralement suspendu le dialogue avec les USA et l’Otan sur l’ABM, je voudrais rappeler comment la situation a réellement évolué étape par étape.

A commencer par le fait que ce sont les Etats-Unis qui ont annoncé en 2001 leur sortie du traité ABM. Les USA, pas la Russie. A partir de 2002 Washington, n’étant plus membre de cet accord, a commencé à mettre en œuvre ses plans pour mettre en place un système antimissile global. Néanmoins, en dépit de telles démarches unilatérales et les conditions de l’époque, la Russie cherchait à minimiser le préjudice pour la stabilité stratégique et à maintenir le dialogue avec les Américains à ce sujet pendant une longue période.

En 2007, pendant les entretiens avec l’ex-président américain George W. Bush à Heiligendamm et à Kennebunkport, le Président russe Vladimir Poutine proposait de construire la défense antimissile ensemble. Je pense que la partie américaine doit s’en souvenir, tout était enregistré. Je voudrais dire qu’en dépit de nos propositions concrètes et pratiques et les discussions détaillées sur la manière dont on pourrait travailler en ce sens, la partie américaine rejetait tout en bloc. La Secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice et le chef du Pentagone Robert Gates venus à Moscou par la suite avançaient leurs propres idées, prévoyant notamment la présence d’observateurs russes sur les sites de l’ABM et le recours aux moyens techniques de contrôle. Cependant, ils ont retiré ensuite même leurs promesses qui ressemblaient davantage à des demi-mesures.

 En septembre 2013 la Russie a une nouvelle fois transmis à Washington des propositions sur sa vision des éventuelles solutions au problème de l’ABM. L’approche russe s’appuyait sur les garanties que l’ABM n’était pas dirigé contre la Russie avec des critères vérifiables géographiques et militaro-techniques. Au cours des trois années qui se sont écoulées les Américains n’ont toujours pas réagi à notre projet concret et très réaliste qui, selon nous, prenait entièrement en compte les intérêts de sécurité des USA.

Le sujet de l’ABM était activement soulevé dans le cadre des groupes de travail compétents de la Commission présidentielle russo-américaine créée en 2009. Mais en mars 2014 Washington a unilatéralement bloqué son activité. Cette décision n’a toujours pas été révisée. A la même époque les représentants du Pentagone avaient officiellement annoncé que la discussion sur l’ABM avec nous était terminée étant donné que le dialogue avec la Russie avait été suspendu sur la ligne militaire.

En mai 2016 le Pentagone a une nouvelle fois rejeté la possibilité de fournir des garanties juridiquement contraignantes que l’ABM ne visait pas la Russie. Dans le même temps la Russie a été citée parmi les principales menaces pour les USA.

Nous venons d’étudier le dialogue bilatéral entre Moscou et Washington sur l’ABM. Dans le même temps nous avancions activement le dialogue à ce sujet au format multilatéral. Sur note initiative au Sommet de Lisbonne du Conseil Otan-Russie en 2010 les chefs d’Etat et de gouvernement ont chargé d’organiser par les efforts communs une analyse intégrale des éventuelles conditions cadres de coopération dans ce domaine. En même temps a été trouvée une entente sur la coopération pour la défense antimissile du théâtre des opérations et pour l’évaluation conjointe des menaces de missiles balistiques.

Malheureusement, ces accords n’ont pas apporté de résultats concrets à cause de divergences fondamentales dans les approches des parties. La position russe impliquait une élaboration conjointe du concept et de l’architecture du bouclier antimissile avec notre participation à part entière. Car d’après nous c’est le fond de l’approche russe – notre participation doit être à part entière.

L’Otan préfère une autre approche. Elle a suivi le chemin de la conception d’un ABM indépendant et complètement autonome avec des caractéristiques lui permettant à terme de menacer l’efficacité des forces stratégiques russes de dissuasion. En cas de préoccupations nos collègues suggèrent d’y remédier par une «coopération pratique». En réalité, d’après ce que nous avons compris, cela se réduisait à un échange d’informations très limité en conservant l’intouchabilité de l’architecture américaine de l’ABM.

Les évaluations des menaces se sont avérées diamétralement opposées. En particulier, l’Otan comme les USA ont préféré mettre l’accent sur les prétendus plans agressifs de l’Iran (nous en avons beaucoup parlé également), alors que nous appelions à regarder les faits réels basés sur des données réelles.

L’élaboration d’une analyse globale commune n’a non plus apporté aucun résultat. Même ses principes fondamentaux n’ont pas pu être convenus à cause de la réticence des partenaires occidentaux à une vraie coopération.

Dans de telles conditions le dialogue antimissile au Conseil Otan-Russie est arrivé dans une impasse, ce que nous avons directement dit à nos partenaires en octobre 2013. Néanmoins, la Russie n’a pas fermé la porte au dialogue, le programme général du Conseil pour 2014 prévoyait la poursuite dans la mesure du besoin de poursuivre la discussion sur la défense antimissile, y compris les directives de Lisbonne.

Cependant, le 1er avril 2014 les ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’Otan ont décidé de suspendre la coopération pratique avec la Russie. De cette manière, le dialogue substantiel sur l’ABM dans ce format était également clos définitivement par l’Occident avec les USA en tête.

Bien évidemment, les USA sont au courant des faits et des circonstances mentionnés. On ignore d’où vient une telle aspiration à reporter sur nous la responsabilité de cette situation provoquée par Washington lui-même. Tout cela est pour le moins étrange. Nous pensons que ces agissements cachent une nouvelle tentative de masquer les résultats peu rassurants de la politique étrangère de l’Administration américaine sortante, qui en réalité n’a fait qu’aggraver les problèmes dans le domaine de l’ABM au lieu de les régler. Dans l’ensemble, après son activité la stabilité stratégique a perdu au lieu de gagner.

 

Sur les garanties de l’Occident concernant la non-expansion de l’Otan vers l’est

 

Un autre sujet qui a été soulevé par nos collègues américains, y compris anciens. On assiste à une tentative de nos partenaires américains de former l’opinion que c’est la Russie qui est responsable de l’expansion de l’Otan vers l’est. Nous constatons un certain dualisme. D’un côté, il y a les représentants officiels des institutions publiques et ceux qui représentaient auparavant les USA sur la scène diplomatique qui font tout pour nous en rendre responsables, et dans le champ médiatique travaillent activement des individus qui représentent la vieille école diplomatique ayant pour base l’analyse, l’intelligence et la responsabilité. On a l’impression d’assister dans les médias, sur l’internet et les réseaux sociaux à la bataille de deux concepts.

Nous avons noté l’interview de l’ex-ministre français des Affaires étrangères Roland Dumas accordée au magazine Politique internationale. Le diplomate français a critiqué les USA pour la violation de leurs engagements politiques en ce qui concerne la promesse de ne pas élargir l’Otan vers l’est. Voici ce qu’il a déclaré: «Au moment de la réunification de l’Allemagne, les puissances s’étaient mises d’accord sur le fait que les troupes de l’Otan ne se rapprocheraient pas des anciennes frontières du monde communiste. Les Américains affirment que cela ne s’est pas passé ainsi et que cet engagement n’a jamais été mis par écrit. À cette objection, je réponds : peu importe ! Ce qui compte, c’est l’état d’esprit général : à l’époque il était à l’apaisement. Et l’apaisement, ça consiste à retirer les troupes et les armes le plus loin possible. Force est de constater que les Américains et l’Otan n’ont pas tenu parole. Et puis, si l’on veut être cynique, on peut rappeler que l’Alliance atlantique demeure mais que le Pacte de Varsovie, lui, a été démantelé.»

Je voudrais citer également l’avis d’un autre représentant français – Ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault. Dans une interview accordée au même magazine il a noté: «Il y a eu, incontestablement, des gestes qui ont été mal compris. Je pense, par exemple, à la façon dont l’Amérique de George W. Bush a géré l’élargissement de l’Otan. Cet élargissement a pu être perçu par la Russie comme une provocation plutôt que comme une réponse à l’aspiration légitime des pays concernés. Au fond, le reproche que nous pouvons nous faire, c’est d’avoir manqué de sens historique. Certains ont voulu voir avec la chute de l’URSS la fin de l’Histoire. On sait désormais que ce n’était pas le cas.»

Dans le même esprit s’est exprimé l’ex-secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger dans l’émission Revue internationale. En particulier, il a noté l’absence de «documents formels» à cet égard et reconnaît que des «commentaires informels» auraient pu être donnés aux autorités russes. L’ex-secrétaire d’Etat suppose qu’on ne peut pas reprocher aux dirigeants russes de les avoir inventés.

En ce qui concerne directement l’expansion de l’Otan vers les frontières russes, selon l’ex-secrétaire d’Etat, l’illusion de la menace qui émanerait de la Russie à l’égard de certains pays d’Europe de l’Est ne doit pas justifier cette démarche. Le diplomate américain pense qu’il faut comprendre qu’on ne peut pas traiter la Russie comme un pays ayant l’intention d’»achever» l’Otan.

 

Sur l’adhésion de l’Inde au Code de conduite de La Haye contre la prolifération des missiles balistiques

 

Le 1er juin l’Inde a adhéré au Code de conduite de La Haye contre la prolifération des missiles balistiques et a participé en tant que membre à part entière au travail de sa réunion plénière des 2 et 3 juin à Vienne. L’Inde est devenue le 138e membre du Code.

Nous saluons cette décision des autorités indiennes qui est une percée, selon nous. L’Inde est le premier Etat d’importance balistique notable à adhérer au Code depuis sa création. Nous sommes certains que la signature de ce document par l’Inde contribuera à renforcer ce mécanisme de confiance, à accroître la transparence globale et la sécurité.

La Russie accorde beaucoup d’importance au Code le considérant comme un premier pas vers l’élaboration d’un accord multilatéral juridiquement contraignant sur le régime global de non-prolifération balistique. Nous participons activement au travail du Code pour l’universaliser et accroître son efficacité. La Russie remplit consciencieusement les engagements pris.

Nous appelons les Etats qui n’ont pas encore adhéré au Code à le faire au plus vite.

 

Sur les initiatives pour la levée des sanctions antirusses dans des régions italiennes et en France

 

Nous avons rencontré hier la direction de l’un des plus grands holdings d’information en abordant entre autres les sanctions qui ont été décrétées contre la Russie.

Nous savons que les assemblées législatives de deux régions italiennes ont adopté des résolutions sur la nécessité d’annuler les sanctions antirusses (en octobre 2015 – Toscane, en mai 2016 – Vénétie).

Nous comprenons ces déclarations qui, bien qu’elles n’aient pas de force juridique, confirment le fait indiscutable et flagrant que les sanctions antirusses illégitimes sont à double tranchant et nuisent non seulement à notre économie (indéniablement nous en souffrons aussi), mais affectent également les intérêts de la population des pays qui y adhèrent. Nous l’avons dit et répétons que c’est un chemin qui mène nulle part.

Bien sûr, les députés des assemblées législatives locales de l’Italie et d’autres pays (ce processus s’élargit de plus en plus), qui sont étroitement liés à l’activité économique, aux intérêts des entreprises et des compagnies qui ont subi des pertes suite à la baisse des échanges avec la Russie, ne peuvent pas ne pas réagir à ces processus très douloureux pour les électeurs. C’est de la politologie pure et dure. Il n’y a aucun complot. On nous dit souvent que c’est le résultat de notre propagande ou de démarches quelconques. Certains citoyens sont mécontents et pensent qu’il faut agir par le biais d’élus et de députés, et des processus appropriés se lancent.

Nous ne pouvons même pas dire que les élites de certains pays ne comprennent pas les conséquences de la politique de sanction, mais qu’ils cachent minutieusement leur compréhension de la situation. C’est paradoxal, mais c’est un fait. Tout le monde comprend tout mais feint de ne pas comprendre ou de ne rien pouvoir faire. Et certains, effectivement, ne peuvent rien faire, car l’absence de sa propre voix et d’une politique étrangère indépendante conduit précisément à de tels résultats.

Nous constatons également que dans certains pays, y compris en France, les résolutions contre les sanctions sont soumises aux parlements nationaux. Après l’Assemblée nationale française, le Sénat a adopté le 8 juin une résolution au profit de l’assouplissement des sanctions antirusses et de la normalisation des relations avec la Russie. Je rappelle que 301 des 334 sénateurs présents à la session ont voté pour cette résolution.

Nous pensons que ces signaux venant d’en bas de ceux pour qui doit travailler le système public et les fonctionnaires du gouvernement doivent être entendus. Je le répète, ce n’est pas nous qui en avons besoin, tout le monde en a besoin et avant tout – les Européens.

Je pense que même l’histoire de l’euro et du dollar depuis plus de deux ans devrait servir de leçon aux Européens.

 

Sur l’immuabilité de la position de la Russie concernant le litige territorial en mer de Chine méridionale

 

Nous avons noté les récentes déclarations de médias étrangers, y compris se référant aux représentants russes haut placés, disant que la Russie se joindrait de plus en plus activement à la question relative à la mer de Chine méridionale. De plus, ces publications affirment que nous sommes enclins à soutenir telle ou telle partie des litiges territoriaux dans ces eaux.

A cet égard, bien que nous abordions très souvent ce sujet, nous voudrions faire un commentaire à part.

Nous suivons attentivement l’évolution de la situation en mer de Chine méridionale. Nous la considérons comme un facteur notable impactant la sécurité et la stabilité dans toute la région Asie-Pacifique.

La Russie ne participe pas aux litiges territoriaux en mer de Chine méridionale et n’y sera pas impliquée. De principe, nous ne nous rangeons pas du côté de qui que ce soit. Nous sommes persuadés que l’adhésion à ces litiges de tierces forces ne ferait qu’accroître la tension dans la région.

Tous les Etats de la région impliqués dans des différends territoriaux doivent se tenir strictement au principe de non-usage de la force, poursuivre la recherche de solutions politiques et diplomatiques aux problèmes existants en s’appuyant sur le droit international et notamment sur la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, dans l’esprit de la Déclaration sur la conduite des parties en mer de Chine méridionale signée en 2002 par l’ANASE et la Chine, ainsi que des principes de mise en œuvre de la Déclaration de 2002 convenus en juillet 2011. Nous pensons que les consultations et les négociations sur les problèmes territoriaux en mer de Chine méridionale doivent se dérouler directement entre les parties concernées dans le format optimal qu’elles détermineront elles-mêmes.

Nous partons du fait que la construction en Asie-Pacifique d’une nouvelle architecture de sécurité basée sur les initiatives collectives non-alignées et sur les normes du droit international pourrait être la clé pour résoudre les divergences dans cette sous-région. Nous suggérons à tous les partenaires de participer activement à la mise en œuvre de l’initiative russe sur l’élaboration des principes cadres pour renforcer la sécurité et développer la coopération en Asie-Pacifique. De notre côté, nous continuerons de soutenir les efforts de la Chine et de l’ANASE pour élaborer le Code de conduite en mer de Chine méridionale.

Je vous prie de se référer à la position russe de base lors de la publication d’articles à ce sujet, de ne pas céder à la tentation de croire certains auteurs, mais de partir de notre position qui reste inchangée.

 

Sur la nouvelle provocation médiatique de Tbilissi

 

Le 8 juin, le Ministère des Affaires étrangères et le Service de sécurité d’Etat de la Géorgie ont avancé de nouvelles accusations contre la Russie concernant l’installation de panneaux frontaliers sur la frontière entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud, près du village d’Avlevi. Ces déclarations et accusations n’ont rien d’une nouveauté – malheureusement, c’est une tradition, et pas la meilleure – exacerber la tension dans la région en prévision d’événements internationaux importants. De telles déclarations conflictuelles ont été faites à la veille du nouveau cycle des discussions de Genève sur la stabilité et la sécurité en Transcaucasie qui se tiendra les 14 et 15 juin. Toutefois, cette fois la Géorgie n’a pas réussi à s’abstenir de faire des affirmations absurdes en insistant que le «déplacement de la frontière du côté de la Géorgie», souvent déclarées auparavant, mais pas encore cette année. Bien évidemment, c’est faux.

Je peux affirmer que ces déclarations font suite aux travaux prévus des garde-frontières sud-ossètes pour l’installation de panneaux d’information. Le 6 juin, deux panneaux frontaliers ont été déplacés dans la limite du territoire de l’Ossétie du Sud pour se rapprocher des itinéraires de déplacement des résidents de régions frontalières. Je le souligne encore une fois: comme plus tôt, les panneaux sont installés strictement sur le territoire sud-ossète, à 50 mètres de la frontière. Je pense qu’il faut passer de la confrontation et de la déstabilisation de la situation, y compris dans le milieu médiatique, vers l’inverse – l’amélioration des relations. De plus, la détérioration systématique des panneaux frontaliers du côté géorgien n’améliore pas la situation, mais devient un facteur supplémentaire d’instabilité et de nervosité.

 

Réponses aux questions:

 

Question: Je voudrais avoir quelques précisions concernant le FEM de Saint-Pétersbourg. Ce n’est pas un secret que l’Italie y participe cette année. A quelles activités du FEM participera le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov? Quelles sont les attentes de la Russie par rapport aux résultats du FEM?

Réponse: Nous savons qu’une importante délégation italienne participera aux activités du FEM de Saint-Pétersbourg. Des entretiens à part du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ne sont pas prévus avec les collègues italiens. Vous serez informés par la suite par l’intermédiaire des sources appropriées des contacts à venir des représentants russes avec la délégation italienne, ainsi que de leur niveau.

En ce qui concerne les attentes, elles sont traditionnelles et sont réaffirmées d’année en année. Nous attendons du FEM de bonnes transactions, de bonnes perspectives et une bonne atmosphère qu’on y instaure, et il ne s’agit pas seulement de l’économie ou des finances, mais également de la politique. Il y a une opportunité d’exploiter la plateforme du FEM pour régler les questions actuelles en se préparant pour l’avenir. Malgré une atmosphère bienveillante et amicale, nous aurons beaucoup de travail. Je pense que notre futur travail concrètement avec la délégation italienne portera ses fruits.

Je le répète, nous vous informerons par la suite au niveau approprié du niveau de représentation de la Russie dans les contacts avec la délégation italienne au FEM. Pour l’instant, il n’y a pas de contacts à part entre le Ministère des Affaires étrangères et la partie italienne, mais si c’était le cas nous vous en parlerions.

Question: Vous avez parlé de la position du Ministère russe des Affaires étrangères par rapport à la mer de Chine méridionale. Ma question concerne la situation en mer de Chine orientale. Dans la nuit d’avant-hier des navires de guerre russes et chinois sont passés à proximité de l’île Senkaku (Diaoyu) qui fait l’objet d’un litige entre Tokyo et Pékin. Hier Tokyo a attiré l’attention de Moscou sur cette situation. Que pouvez-vous en dire? C’est curieux que des navires russes et chinois soient apparus en même temps.

Réponse: S’il est question de navires militaires, cela relève des compétences du Ministère russe de la Défense. En l’occurrence je n’ai rien à vous répondre car il s’agit de la compétence d’un autre ministère. Bien évidemment, j’attirerai l’attention de mes collègues sur cette question et je pense que vous obtiendrez une réponse détaillée.

Question: Le site du Ministère russe des Affaires étrangères a publié hier un communiqué sur l’entretien du Vice-ministre russe des Affaires étrangères Grigori Karassine avec l’Ambassadeur de France en Russie Jean-Maurice Ripert. Il a été annoncé qu’entre autres les diplomates avaient parlé de la préparation du sommet trilatéral sur le processus de paix du Haut Karabagh, qui pourrait se tenir fin juin à Saint-Pétersbourg. Cette ligne a été ensuite retirée du communiqué. Pourquoi? Aujourd’hui, le porte-parole du Président russe Dmitri Peskov a déclaré que le Kremlin n’écartait pas la possibilité d’une telle réunion.

Réponse: J’ai déjà donné des explications directement à vos collègues immédiatement après la publication de ce communiqué. Je voudrais réitérer mes explications pour ceux qui ne s’étaient pas adressés hier mais se posent cette question aujourd’hui. Il est question d’une rédaction incorrecte du communiqué publié sur le site du Ministère des Affaires étrangères. Bien sûr, il a été incorrectement rédigé dans le sens où il donnait l’impression d’annoncer un événement. En réalité, quand nous nous sommes aperçu que le communiqué était incorrectement rédigé et n’était pas correctement interprété, nous l’avons modifié. Le communiqué est resté mais a été modifié de manière à ce qu’il soit question d’une possibilité hypothétique d’un contact, comme l’a déclaré aujourd’hui le porte-parole du Président russe Dmitri Peskov. Au cours des conférences de presse antérieures je répondais aux questions portant sur l’éventualité de tels contacts. Toutes les parties en parlaient. Je le répète, on évoquait bien la possibilité d’organiser une telle réunion. Etant donné que l’information a été perçue comme une annonce d’une telle réunion, nous l’avons modifiée. Je présente mes excuses. Nous comprenons que cette situation est très sensible. Nous choisirons mieux les termes à l’avenir.

En ce qui concerne la faisabilité d’une telle réunion, cette question relève évidement de la compétence de l’Administration du Président russe. Nous confessons toujours cette règle et nous nous y tenons. En cas de progrès pratique, l’Administration du Président et le Service de presse du Président russe l’annoncera.

Question: Si une telle réunion se prépare, pourquoi précisément à Saint-Pétersbourg? Après le communiqué d’hier on a l’impression qu’une telle réunion pourrait se tenir sans la participation des coprésidents du trio de Minsk de l’OSCE. Si une telle réunion est éventuellement prévue en format sans coprésidents, est-ce que cela signifie que la Russie a «entièrement pris les choses en main»? Quelles seront les propositions de la Russie avancées pour cette éventuelle réunion?

Réponse: Votre question insinuant que Moscou a «tout pris en main» sonne comme un compliment.

En parlant sérieusement, je pense que le fait en soi que le thème du Haut Karabagh a été évoqué par le Vice-ministre russe des Affaires étrangères et l’Ambassadeur de France en Russie montre que nous n’excluons personne du processus de discussion, qui plus est les coprésidents du trio de Minsk. Nous partageons toutes les pensées et idées possibles, même celles qui n’ont pas encore acquis des traits pratiques. Nous dialoguons et maintenons le contact, nous partageons nos solutions. Nous apprécions hautement le rôle joué par les coprésidents du trio de Minsk de l’OSCE en la matière. Nous restons partenaires, et nous ne respectons pas simplement le trio de Minsk de l’OSCE, mais nous travaillons également de manière active avec lui au format actuel.

Question: Que pouvez-vous dire au sujet de l’attaque du journaliste allemand, l’auteur du film sur le dopage, contre la journaliste russe?

Réponse: En tant que Ministère des Affaires étrangères nous continuerons de protéger les journalistes russes. Jusqu’à ce matin, quand j’ai vu cette vidéo, je pensais que nous étions appelés et devions à cette étape historique protéger les journalistes russes contre les attaques des institutions publiques étrangères, parfois contre des extrémistes ou des représentants de mouvements politiques dans tel ou tel pays. Aujourd’hui j’ai compris que la réalité avait visiblement changé et que nous vivions dans un nouveau monde. Pour la première fois je vois un représentant d’une presse qui se considère libre et démocratique, un homme attaquer une journaliste. Je comprends que les journalistes russes doivent être forts toujours et partout, mais pas à ce point-là. C’était un choc pour moi et cela a changé ma perception de ce qui se passe actuellement dans les médias occidentaux. J’ai visionné la vidéo plusieurs fois, j’ai demandé à VGTR de confirmer son authenticité, et la chaîne l’a fait.

Comme on peut le voir sur la vidéo, la journaliste n’avait posé aucune question portant atteinte à l’honneur ou à la dignité de l’individu. Ses convictions politiques, religieuses ou autres n’étaient pas offensées, elle a posé des questions se trouvant uniquement dans la zone des intérêts professionnels. Elle s’est simplement permis de demander de fournir des documents concrets prouvant les affirmations faites dans le film. Qui plus est, il ne s’agit pas d’un cas isolé, cela concerne tout notre payse. De plus, cela n’a pas lieu sur fond de déni ou de volonté de cacher ce problème – tout le monde, à commencer à le Président russe Vladimir Poutine, dit vouloir éclairer cette question. C’est à cela qu’était consacré le reportage de la journaliste russe.

Je le répète, j’ai éprouvé aujourd’hui un état de choc, et je ne pense pas être la seule. Je reconnais ne pas avoir de recettes toutes prêtes ou de réflexions philosophiques sur la réaction à adopter dans une telle situation. Je ne suis pas prête à dire comment il est possible de réagir quand un journaliste homme frappe, pousse et expulse une journaliste femme. Je pense que cela ne nécessite pas tant une réaction du Ministère russe des Affaires étrangères qu’une prise de conscience, même si j’en ai pris note et j’y repenserai encore. Je pense que la communauté professionnelle doit réagir. On ne peut pas le faire. Je suis même gênée d’en parler. Cela suscite un sentiment de confusion et de honte pour les collègues allemands.

Question: Vous avez parlé de la coopération dans le groupe des Brics, l’OCS, le Mercosur et l’ANASE. Créera-t-on des zones économiques spéciales pour les propriétaires de PME dans le cadre de ces associations?

Réponse: Je demanderai des précisions, car je ne suis pas une experte en PME.

Question: Des sources diplomatiques rapportent que la banque Société générale ferme les comptes de diplomates russes qui travaillent à Paris. Que pouvez-vous en dire?

Réponse: Je vais préciser s’il s’agit bien de cette banque. Nous avons connu des situations quand des comptes, entre autres des représentations diplomatiques, étaient gelés, puis ces décisions étaient rappelées. Je vais revérifier cette information.

Question: Que pouvez-vous dire sur les résultats de la visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Moscou? Quelle position a-t-il exprimé sur la mise en œuvre de l’Initiative de paix arabe par rapport au processus de paix israélo-palestinien?

Réponse: En ce qui concerne les résultats de la visite de Benjamin Netanyahu, ils ont été annoncés au niveau approprié – par l’Administration du Président. Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a également mentionné ce thème dans une conférence de presse, notamment le conflit israélo-palestinien dans le contexte des discussions qui ont eu lieu pendant la visite de Benjamin Netanyahu à Moscou.

Dans votre question vous faites visiblement référence aux propos du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pendant sa conférence de presse, nous avons déjà reçu plusieurs questions de journalistes à ce sujet. Il est question du passage mentionnant que l’Initiative de paix arabe a été évoquée pendant les entretiens du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Moscou. Comme l’a déclaré le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pendant la conférence de presse, l’Initiative de paix arabe a été mentionnée dans le contexte général comme un fait. Il n’y a eu évidemment aucun entretien à ce sujet. D’après ce que nous comprenons, la position d’Israël à ce sujet reste inchangée. Il n’y a pas eu de conversations particulières à ce sujet.

Dans le contexte de la discussion sur la situation globale dans la région, ce thème a été évidemment évoqué, tout en comprenant que la position d’Israël n’avait pas changé par rapport à cette question.

Nous pensons que c’est une possibilité potentielle pour les futures négociations entre les parties. La discussion sur cette Initiative pourrait faire l’objet de futures négociations éventuelles. C’est possible, mais il n’en était pas question à Moscou.

Question: Peut-on instaurer le contrôle douanier des passeports pour les particuliers sur le ferry Droujba qui relie Novorossiïsk à Bourgas?

Réponse: Je demanderai des précisions et je fournirai des informations à ce sujet.

Question: Le Secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a déclaré hier, le 9 juin, aux journalistes que l’Otan «cherchait à augmenter les dépenses militaires pour éviter une guerre, et non pour provoquer qui que ce soit». Tout en expliquant que sous les menaces à la sécurité l’Alliance entendait des «actions plus résolues de la Russie sur sa frontière Est, ainsi que l’instabilité et les conflits à la frontière Sud». Que pouvez-vous en dire?

Réponse: A titre de commentaire je peux citer les propos non pas de représentants russes, mais d’individus qui ont acquis une certaine notoriété dans leur pays. Il s’agit des ex-ministres des Affaires étrangères de la France et des USA que j’ai cité aujourd’hui par rapport à l’expansion de l’Otan et à la «menace potentielle émanant de la Russie» pour ses voisins. Même eux reconnaissent qu’il ne peut y avoir aucune menace, agression ou attaque, et que tout cela n’est qu’un mythe, du bluff, etc.

Je voudrais répéter que la russophobie devient un bon commerce, car vous avez commencé votre question par affirmer que l’Otan «augmente ses budgets». Derrière cela se trouvent les intérêts de ceux qui fabriquent des armes et promeuvent leurs intérêts. Ils ont besoin d’un prétexte pour gagner la confiance, y compris de la population civile, pour gagner ses voix au profit de l’augmentation et de la promotion des budgets militaires. Comment peut-on le faire en temps de paix? Seulement en parlant d’une menace potentielle. Nous ignorons de quelle menace potentielle il est question. Il existe un danger réel qui émane du terrorisme international. Malheureusement, on n’alloue pas les fondes nécessaires pour cette menace réelle, et surtout – on n’y accorde pas l’attention que cela mérite. Il y a là peut-être un sens caché: ne pas réagir au réel car en fin de compte cela pourrait mener effectivement à une vérification à quel point l’Europe, l’Otan et l’Occident en général sont prêts à parer une menace réelle, tout en renforçant les capacités potentielles de l’Alliance pour contrer cette prétendue «menace». Bien que nous soyons fatigués, nous continuerons de commenter ce sujet, car cela fait partie d’une telle campagne médiatique. Pour certains la russophobie est un état d’esprit, pour d’autres – un commerce.

Je vais vous dire un secret – pendant les entretiens de la délégation russe à l’étranger, un diplomate occidental haut placé a déclaré: «Malheureusement (et il était sincère), en Occident beaucoup ont fait leur carrière sur la russophobie».

Question: La reprise de la production de plutonium militaire en Corée du Nord a été récemment rapportée. Cela inquiète le Japon et bien d’autres Etats. Quelle est la position de la Russie à ce sujet?

Est-il possible de dévoiler certains détails de l’agenda de l’entretien du 13 juin entre les ministres des Affaires étrangères de la Russie et de la Corée du Sud, notamment évoquera-t-on le déploiement de l’ABM dans la péninsule de Corée?

Réponse: Par rapport à la première question, nous pensons qu’il faut relancer le processus politique pour régler toutes les questions, notamment les problèmes de sécurité et de stabilité dans la région. Il ne faut pas employer la méthode de provocations unilatérales ou multilatérales, aussi bien dans la péninsule qu’autour, mais créer une atmosphère favorable pour entamer des négociations, qui ont été malheureusement interrompues. C’est notre position de principe. Toutes les questions qui préoccupent les parties pourront être réglées derrière une table de négociations. Nous avons déjà une expérience appropriée.

Quant à la seconde question, je peux dire que littéralement à 15h49 le site du Ministère russe des Affaires étrangères a publié un communiqué détaillé sur l’entretien à venir entre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue sud-coréen le 13 juin à Moscou. Les ministres évoqueront les questions pertinentes de la coopération bilatérale, y compris l’intensification de la coopération russo-coréenne commerciale et économique. Le dialogue sur le thème économique des relations bilatérales sera consacré à l’intensification de la coopération dans les domaines pratiques et au début le plus vite possible de la mise en œuvre d’importants projets d’investissement, avant tout en Extrême-Orient russe sur les territoires de développement avancé, ainsi que dans le port franc de Vladivostok.

Les ministres échangeront également leurs points de vue sur les problèmes internationaux d’actualité et parleront de la coopération des deux pays sur la plateforme de l’Onu et d’autres organisations internationales. Les diplomates examineront de près la situation dans la péninsule de Corée et en Asie du Nord-Est, y compris dans le contexte du maintien d’un équilibre des forces dans la région. Nous partons du fait que les problèmes qui existent dans cette région doivent être réglés uniquement par des moyens politiques et diplomatiques. L’avancement vers la paix et la stabilité en Asie du Nord-Est doit être réciproque avec une participation active de tous les intéressés. Cette approche, selon nous, permettra de passer au travail pratique pour créer des mécanismes multilatéraux visant à assurer la sécurité et la coopération dans la région sur une base équitable et surtout sans discrimination pour tous les participants.

Les ministres détermineront les tâches pour perfectionner la base contractuelle et juridique des relations bilatérales en évoquant les perspectives de la signature prochainement de plusieurs documents communs dans différents domaines. Les ministres comptent également signer le Plan d’échanges entre les ministères des Affaires étrangères pour 2016-2017.

Le dirigeant de la Corée du Sud participera au Forum politique et économique ayant pour thème «La Russie et la Corée du Sud dans un monde changeant» à l’Université d’Etat de Saint-Pétersbourg dans le cadre du Dialogue Russie-Corée du Sud initié par les présidents des deux pays.

Vous trouverez des informations supplémentaires sur les relations bilatérales dans notre publication déjà diffusée sur le site du Ministère.

Question: Le Conseil national polonais de radio et de télévision (KRRiT) a confirmé hier sa décision d’annuler la licence de la radio Hobby. La radio Hobby est une petite radio polonaise privée dans la banlieue de Varsovie qui diffuse le signal de la radio Sputnik.

Réponse: Vous savez, faisons ainsi. Pour soutenir les collègues à ce moment difficile pour la radio, d’autant que leur émission n’a pas été annulée en principe et qu’ils continuent d’émettre sur l’internet, vu leur orientation, nous promettons une interview exclusive sur Hobby.

Question: Autrement dit, la radio Hobby pourrait vous appeler ou la radio Sputnik pourrait vous appeler?

Réponse: Les deux radios peuvent m’appeler, que ce soit Hobby ou Sputnik. Mais nous sommes prêts à les interviewer pour soutenir les médias polonais dans leur lutte contre le régime. Je vous assure, ce sera un reportage très intéressant. Je vous parlerai d’un «hobby que personne ne connaît encore.

Question: Il a été récemment annoncé, entre autres par le Secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon, que l’Arabie saoudite faisait pression sur l’Onu dans le but de se faire exclure de la liste des organisations qui violent les droits de l’enfant. Que pouvez-vous en dire?

Réponse: J’ignore ces faits. Transmettez-nous cette information pour la vérifier. Nous devons la revérifier pour comprendre de quoi il est question, et nous formulerons alors notre position. Je pense que ce sera fait prochainement.

En principe, bien sûr, la pression exercée sur l’Onu est absolument inacceptable. Nous pouvons avancer nos opinions et intérêts en insistant sur certaines choses, nous pouvons même ne pas être d’accord et en parler avec les représentants du secrétariat de l’Organisation, mais l’exercice de la pression est inadmissible.

L’Onu est un outil unique, un mécanisme pour trouver une entente entre des pays qui confessent des idéologies complètement différentes, ayant des intérêts divergents et étant en compétition sur certaines questions. L’Onu est précisément l’endroit où sont pesés les intérêts de tous les acteurs mondiaux sur différentes questions. C’est cet outil, cette structure unique qui doit être protégée et conservée, car c’est un gage que tous les litiges seront réglées derrière une table de négociations sans aller jusqu’à leur escalade.

Question: La saison des vacances a commencé pour certains et approche pour d’autres. Les Russes font l’objet de certains avertissements, voire restrictions quand il est question de voyages à l’étranger. Quelles sont les sources utilisées par l’agence Rostourisme en rédigeant ses recommandations pour visiter tel ou tel pays?

Réponse: Vous savez, en ce qui concerne les données de Rostourisme, il serait préférable de s’adresser directement à l’agence. Je vais vous dire comment est appliqué le règlement. Il existe un règlement pour la prestation de services publics pour informer les opérateurs touristiques et les touristes du risque pour la sécurité des touristes dans le pays ou sur leur lieu de vacances. Selon le règlement administratif, cela relève de la compétence de Rostourisme.

Le règlement administratif établit l’obligation de Rostourisme de fournir des informations appropriées à la requête des demandeurs, ainsi qu’en cas de réception d’une décision d’une autorité compétente.

Un organisme fédéral compétent peut être la source de l’information. Eu égard à cette circonstance, il existe des raisons juridiques appropriées pour Rostourisme de publier sur son site ou de diffuser dans les médias des communiqués sur la présence ou l’absence de recommandations notamment convenues avec le Ministère russe des Affaires étrangères. Autrement dit, Rostourisme a sa propre structure pour préparer de tels communiqués. Nous recevons souvent des questions disant que c’est le Ministère russe des Affaires étrangères qui doit être la source des informations relatives aux interdictions, aux autorisations, etc. Notre site comporte une rubrique où nous publions des informations, en particulier de Rostourisme. Mais je le répète, selon le règlement administratif, les services publics pour informer les opérateurs touristiques et les touristes d’une menace à la sécurité relève de la compétence de Rostourisme.

Par les organismes compétents j’entends les structures publiques russes qui peuvent fournir des informations appropriées. Le Ministère des Affaires étrangères en fait partie. Nous agissons de manière précise en se référant au règlement.

Question: Prévoit-on un entretien entre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker sur la plateforme du 20e FEM de Saint-Pétersbourg?

Réponse: A l’heure actuelle il n’y a pas d’un entretien entre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker dans le planning du Ministre. Parmi les informations que je peux partager maintenant – la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au forum Valdaï. Il participera également aux entretiens du Président russe Vladimir Poutine en tant que membre de la délégation. Nous vous informerons si des entretiens du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au FEM avec ses collègues étaient confirmés et inscrits au planning.

Question: Cela signifie que le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à l’entretien du Président russe Vladimir Poutine avec le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker?

Réponse: La question concernant la formation de la délégation russe avec le Président russe Vladimir Poutine est a adressée au Service de presse de l’Administration du Président russe.