Commentaires du Département de l’Information du Ministère des Affaires étrangères de la Russie concernant la situation autour de l’enquête sur l’utilisation des armes chimiques en Syrie

Nous voudrions attirer l’attention sur l’afflux massif sur la scène médiatique de toutes sortes de reportages visant à rendre Damas responsable de l’utilisation possible d’armes chimiques en Syrie et ce avant même que les résultats de l’enquête de l’ONU ne soient rendus publiques. Ainsi, le terrain est en train d’être préparé pour une action militaire contre le régime sytien. Compte tenu de ce fait, nous jugeons opportun de partager les principales conclusions de l’analyse effectuée en Russie sur des échantillons prélevés sur le lieu de l’incident, dans la banlieu d’Alep-Khan al-Asal où l’utilisation de substances toxiques aurait été constatée.

Pour rappel, cette tragédie qui a coûté la vie à 26 civils et militaires de l’armée syrienne et au cours de laquelle 86 autres personnes ont été bléssées à des degrés de gravité divers, a eu lieu le 19 Mars dernier. Les résultats de l’examen des échantillons qui a été effectué le 9 juillet, à la demande des autorités syriennes, par un laboratoire russe certifié par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, ont été remis au Secrétaire General de l’Organisation des Nations Unies. Ces examens ont été effectues dans le cadre de la demande adressée par les autorités syriennes au Secrétaire General d’engager une enquête indépendante sur ces faits. Les conclusions principales des experts russes sont les suivantes:

- les explosifs qui ont été utilisés lors de l’attaque ne faisaient pas partie des munitions ordinaires de l’armée syrienne et correspond, d’après ses paramètres, aux projectiles non-guidés qui sont fabriqués de façon artisanale dans le Nord de la Syrie par les commandos de la brigade Bashair An-Nasr.

- l’hexogène utilisé lors de l’explosion en tant que charge d’éclatement n’est jamais employé dans les munitions chimiques de l’armée;

- dans les échantillons prelevés sur l’obus et dans le sol, des agents neurotoxiques sarin et diisopropylfluorophosphate ont été trouvés qui n’ont pas été synthétisés dans un milieu industriel et qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont été utilisés par les pays occidentaux en tant que composantes d’armes chimiques.

Nous insistons sur le fait que le rapport russe est extrêmement concret. Il s’agit d’un document de la nature scientifique et technique d’environ 100 pages, qui contient de nombreux tableaux et diagrammes d’analyses spectrales des échantillons. Nous espérons qu’il constituera une aide significative dans l’avancement de l’enquête sur l’incident par l’ONU. Cependant, force est de constater que, malheureusement, cette enquête n’a pas encore réellement commencé.

L’attention de tous ceux qui cherchent, délibérément et constamment, à faire porter aux autorités du PAC toute la responsabilité de ce qui arrive, se rabat désormais sur les événements de Huta Est. Mais, même dans ce cas là, il s’agit d’une «sélectivité défectueuse». On constate, notamment, des tentatives de passer l’éponge sur des reneignements transmis par Damas à l’ONU sur les faits d’intoxication des militaires de l’armée syrienne par des agents chimiques lors de la découverte, dans une banlieue de la capitale syrienne, de matériaux, d’équipements et de contenants avec des traces de sarin. Comme on le sait, l’état de santé des militaires concernés a été attesté par des membres du groupe d’experts de l’ONU dirigé par Oke Selstrem. Il est évident qu’aucune investigation objective de l’incident du 21 Août à East Huta ne sera possible sans que les circonstances en question ne soient prises en considération.

Compte tenu de ce qui précède, nous saluons la déclaration faite par le Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui annonce que le groupe de Oke Selstrem a l’intention de retourner prochainement en Syrie pour poursuivre son travail, notamment dans la région de Khan al-Asal.